Alors que la France fait face au défi du vieillissement de sa population, il est urgent de repenser nos outils d’épargne. Le Livret A, placement préféré des Français, pourrait jouer un rôle clé.
L’investissement à impact a le vent en poupe. Fonds solidaires, finance responsable, initiatives écologiques… Les épargnants sont de plus en plus nombreux à vouloir donner du sens à leur argent. Pourtant, ils sont loin de se douter qu’ils contribuent déjà, sans le savoir, à des projets d’intérêt général grâce à un placement on ne peut plus classique : le Livret A.
Avec 56 millions de livrets ouverts et un encours de 415 milliards d’euros fin 2023, le Livret A est bien plus qu’un simple produit d’épargne. Son rôle est crucial dans le financement du logement social et des infrastructures publiques. En effet, 60% des fonds collectés par la Caisse des Dépôts et Consignations sont redistribués sous forme de prêts, dont 130 milliards d’euros ont été alloués au logement social en 2022. Hôpitaux, écoles, transports… L’épargne des Français sur leur Livret A irrigue ainsi l’économie sociale et solidaire.
Mais ce potentiel est, à mon sens, sous-exploité. Car un défi majeur nous attend : celui du vieillissement de la population. En 2025, plus de 20 millions de Français auront plus de 60 ans. Or, beaucoup vivent dans des logements inadaptés, et le maintien à domicile est un enjeu crucial pour leur autonomie et leur qualité de vie.
Il est temps de repenser le Livret A. Pourquoi ne pas imaginer qu’une partie de cette épargne massive soit fléchée vers des solutions innovantes pour le « bien vieillir » ? Rénovation et adaptation des logements, développement de résidences intergénérationnelles, soutien aux services d’aide à domicile… Les besoins sont immenses et les solutions existent.
Parmi ces solutions, les foncières solidaires se distinguent par leur approche novatrice. Certaines proposent un modèle qui permet aux seniors de mobiliser une partie de la valeur de leur bien immobilier, sans avoir à le quitter, pour financer leur maintien à domicile et améliorer leur quotidien. Ce modèle, inspiré de l’épargne solidaire et encadré par des mécanismes juridiques sécurisés, offre une réponse concrète au défi du financement de l’autonomie. Il permet de créer un pont entre l’épargne des Français et les besoins des personnes âgées, en transformant un capital immobilier souvent « dormant » en une source de revenus et de bien-être.
Le Livret A est un formidable outil de financement de l’intérêt général. Mais il est temps de lui donner une nouvelle ambition, en phase avec les défis de notre époque. En orientant une partie de l’épargne des Français vers le financement des solutions pour le bien-vieillir de nos aînés, nous pourrions non seulement améliorer la vie de millions de seniors, mais aussi créer un cercle vertueux pour l’ensemble de la société.
L’émergence de solutions comme les foncières solidaires qui financent l’autonomie de nos aînés, montre qu’il est possible de réconcilier épargne et impact social. Il ne tient qu’à nous, citoyens, pouvoirs publics et acteurs financiers, de faire de l’épargne de demain un véritable levier de solidarité intergénérationnelle.